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L'INCROYABLE EPOPEE D' UN MONUMENT DE SIDI - FERRUCH A PORT - VENDRES. . . .
Extraits de la plaquette réalisée par le Général Lemée :
L'oeuvre d'Emile Gaudissart érigée en Algérie pour y célébrer le centenaire de la présence Française, échappe de justesse à la démolition par les fellaghas, les 4 et 5 juillet 62, est récupérée en catastrophe lors d'une opération commando montée par des officiers du 3éme RPIMa et du commando Guillaume, est ensuite ramenée en France par le 3 le 21 juillet, puis "oubliée" dans les sous-sols de l'école de St Maixent jusqu'en 1986 où quelques "bonnes volontés coriaces et tenaces", - Jean-Jacques Vila, Maire de Port-Vendres, Hélène et Roger Brasier, le Colonel Jacques Puigt, Jacques Farran, Paul Alduy-, unissent leurs efforts pour obtenir que le bas-relief en morceaux soit reconstitué et implanté dans l'enceinte de la redoute Bear, à Port-Vendres.
Le marbrier Raymond Berges de Perpignan est chargé de restaurer et de remonter l'ensemble. La nouvelle stèle qui représente deux femmes ( la France et l'Algérie ) est réimplantée le 14 juin 1988 sur le terre-plein de la redoute Bear.
Chaque année à cette date , une cérémonie commémorative se déroule sur le site.
Mémorial de Sidi-Ferruch 1830-1930
1988-1996
Intervention du Général Lemée le 14 juin 1996 à port-Vendres
Je suis heureux, à la demande du Colonel Puigt, de vous convier à un bref retour sur les hauteurs de Sidi-Ferruch avec plus de trois décennies de recul et je me propose, brièvement, de vous apporter le témoignage des journées de juillet 62 qui ont abouti à la récupération par la France du monument commémoratif du débarquement de l'armée Française en Algérie en 1830.
Nous sommes donc à Sidi-Ferruch, garnison du 3éme RPIMa dont une compagnie est cantonnée à faible distance du monument.
Le processus de l'indépendance algérienne se termine et, en prévision d'une manifestation du FLN devant le monument, le régiment est consigné au quartier. Ce régiment comporte une unité autochtone -une des rares, soit dit en passant qui ait été rapatriée sur ce que l'on appelait alors la Métropole avec les autres unités du régiment-. Des rumeurs recueillies par cette unité musulmane font craindre que le monument pourrait être l'objet d'une tentative de destruction par le FLN. Avec la prudence qu'impose la relation de faits datant de 34 ans mais en me plaçant sous le contrôle de deux de mes compagnons de régiment présents aujourd'hui, Pierre Sevenier et Jacques Raymond, je peux ici dire que la récupération des éléments du monument s'est déroulée en deux temps :
- Dans la nuit du 4 juillet tout d'abord, un petit groupe de jeunes officiers et sous-officiers entreprend de démonter les plaques gravées sous le bas- relief de Gaudissart, avec je le reconnais un médiocre résultat et les restes, qui se trouvent dans la redoute Bear sont le résultat de cette difficulté.
- Le lendemain la population algérienne se dirige vers le monument, toujours debout mais privé de ses inscriptions, et quelques manifestants excités commencent à l'attaquer à la pioche.
C'est alors que, avec l'accord du Colonel Leborgne, Chef de Corps la compagnie du capitaine Langlois décide, après d'âpres palabres, de procéder à la démolition en ayant recours notamment a des moyens lourds, dont l'usage d'explosifs. Lorsque les manifestants sont revenus sur les lieux, ils n'ont trouvé qu'une ruine.....
Ce sont donc des soldats Français qui ont opéré dans cette affaire, et qui bien entendu en ont profité pour récupérer les 6 tonnes de marbre qui composaient le bas-relief.
Rapatriés sur Carcassonne puis sur Montpellier et enfin sur Niort, ces restes ont, grâce aux efforts de nombreux catalans dont le Colonel Puigt, M. le député Farran, M. le Maire de Port-Vendres, rejoints par les associations de rapatriés d'Algérie dont Mme et M. Brasier, la suite heureuse que nous avons à côté de nous.
Par la puissance du symbole qu'elle représente, par son caractère presqu'unique de 130 années de présence Française en Algérie, cette stèle devait être sauvegardée et restituée à la population Française. C'est qu'en effet, malgré des moments souvent difficiles, des décisions parfois critiquables, la présence Française en Algérie a été, comme l'a écrit Arthur Conte un des points forts de l'épopée de la France outre-mer, je le cite :
- "Les jeunes générations ne savent à peu près rien des empires Européens. . .de l'héroïsme et des mérites d'innombrables colons, soldats ou moines, médecins ou ingénieurs, marins ou maîtres d'écoles. . .Ele est, d'une manière générale, superbe, l'épopée coloniale de la France. Elle comporte même nombre de pages sublimes. . .".
Même s'il faut singulariser l'Algérie dans ce dispositif car elle y a une place à part et un statut original, - ne serait -ce que parce que dés 1848 plus d'un million d'Européens y vivaient - cette appréciation flatteuse sur l'action de la France hors de l'héxagone fait partie du legs que nous avons à transmettrre à nos successeurs.
C'est dans cet esprit qu'ont agi en 1962 les parachutistes du 3éme RPIMa. J'ai été fier de vous faire le récit de cet évènement dont j'ai été un témoin privilégié.
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Cette stèle mesure 5 mètres de haut sur 3 mètres 50 de large. La redoute Bear où elle se dresse fièrement, est un bastion fortifié du XVIIIe siecle construit sur les ordres de Vauban; il est la propriété de la chambre de commerce et d'industrie et sa gestion a été confiée à l'association des Amis de Sidi-Ferruch.
Inaugurée à l'origine, le 5 mai 1930, par le Président de la République Gaston Doumergue, elle mesurait 15 mètres de hauteur, créée par le sculpteur Emile Gaudissart (né à Alger en 1872 ) elle se composait d'un bas-relief symbolisant sous les traits de deux femmes, l'union de l'Algérie à la France.

Photo du 05 juillet 1962 : Le mémorial est assailli par une foule musulmane en délire.
L'inscription qui y figure est la reprise du texte gravé par Latour à l'entrée du fort de Sidi-Ferruch :
- " Ici le 14 Juin 1830 - par ordre du Roi Charles X sous le comm. du G. de Bourmont-, l'armée Française vint arborer ses drapeaux, rendre la liberté aux mers, donner l'Algérie à la France ".
Y était ajouté :
- " Cent ans après, la République Française ayant donné à ce pays la prospérité, l'Algérie reconnaissante adresse à la mère patrie l'hommage de son impérissable attachement ".
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Les temps ont bien changé. . . . . "BREVET n°184476" |